Hokusai, Gilardi, Téllez - La représentation du monde, dernier volet - Collège Jean Jaures - BOURBOURG - mars 2017

 

 

À travers l’eroa, l’objectif du collège de Bourbourg est de proposer aux élèves pendant plusieurs années des visions très diversifiées de la représentation du monde. Ces visions sont tour à tour poétiques, engagées, cartésiennes, documentaires, etc.  À travers ce parcours d’expositions au collège, l’élève sera amené à questionner son environnement. Il découvrira le fait que tout est relatif, que toute vision dépend du contexte donné (social, politique, religieux, sentimental, etc.).

Pour cette dernière année les œuvres suivantes ont été exposées :

  • Piero Gilardi (1942 -), « Sassi », 1968,

Édité en série par « Gufram Multipli », trois éléments pierre dont un grand « Sedilsasso » faisant fonction de siège, polyuréthane expansé et peint, 11 x 12 x 19 cm, 20 x 23 x 35 cm, 48 x 56 x 70 cm, Collection Frac Nord-Pas de Calais, Dunkerque, France.

Dans les années soixante, Piero Gilardi fait entrer la nature dans les intérieurs. À une époque où l’espace naturel est délaissé par l’homme et où la mode est aux couleurs vives, l’artiste et designer questionne notre rapport à l’environnement. Ces trois rochers fabriqués en série trouvent ainsi leur place dans des salons et invitent à une réflexion sur l’éloignement de l’homme de son espace naturel.

Les choix de l’auteur sont néanmoins assez contradictoires : pour rendre ces pierres accueillantes et confortables il les fait réaliser en mousse de polyuréthane, matériau issu de la très polluante industrie pétrolière. Ces trois objets assez incongrus, sans fonction clairement définie permettent à leurs propriétaires de faire entrer un fragment de nature artificielle dans leurs intérieurs.

  • Katsushika Hokusai (1760-1849), « La Manga », 1814-1878,

Sélection de dix estampes, Collection du Musée du dessin et de l’estampe originale, Gravelines, France.

La Manga d’Hokusai, commencée en 1814 par l’artiste, est un ensemble de 15 volumes réunissant plus d’un millier de dessins. Ces estampes (gravures sur bois) sont une véritable encyclopédie d’iconographies à destination des artistes de l’époque. Cette Manga (dessin au fil de la pensée) constitue un  répertoire de modèles du monde nippon.



  • Javier Téllez (1969 -), « One Flew over the void (Bala perdida) », 2005,

Vidéo, dimensions variables selon installation, Collection Frac Nord-Pas de Calais, Dunkerque, France.

Ce film questionne les notions de frontières physiques et mentales. Il met en scène un carnaval joué par des malades psychiatriques avec lesquels l’artiste a travaillé pendant deux mois. Les patients défilent en revendiquant le droit à la différence, brandissant des affiches : « Los enfermos mentales también somos seres humanos ».

Ce moment festif et revendicatif se prolonge par un tir « d’homme-canon ». La scène se déroule sur une plage à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, barrée d’une immense palissade depuis 2006. Construite dans le cadre du « Secure Fence Act » pour prévenir l’immigration clandestine, ce mur est allègrement franchi par un homme-canon qui se joue des frontières.
Dans cette mise en scène absurde, Javier Téllez montre qu’il est possible de franchir les frontières pour aller à la rencontre de « l’autre ».



Carole Darcy

<diapo>i1.jpg;i2.jpg;i3.jpg<diapo>