Roegiers - Le dessin ré-animé de Brueghel - Collège Albert Châtelet - DOUAI - janvier 2016

 

 

De prime abord, une invitation paysagère, on perçoit des cadres aux lieux vides. Des villages anciens à l’architecture étrange se donnent à parcourir. Le regard s’étonne, ici une horloge échouée en flamme, là une tente de campagne semble s’oublier lors de son siège, où un moulin au faciès peu engageant, à la moue à recracher la farine en sac par la narine.

 Le regard s’agite vite à la toile animée, le monde se peuple, grouille d’humains, d’animaux, du mélange des deux, de monstres, d’hybrides ou non. Le monde s’agite en autant de scènes impromptues qui parcourent l’espace de la feuille, du dessin.

 Au théâtre du dessin unique de Pieter Brueghel, du dessin grouillant mais figé qui s’étage en saynètes dans la profondeur plane du papier, Antoine Roegiers offre un souffle de vie par l’animation, une palpation du temps. Tout se défige sous la plume, à l’encre sépia en pas, courses, gestes. Une fluidité graphique qui reprend « l’arrêt sur image » brueghelien gorgée de vie pour mener le regard dans la poésie et la fantaisie.

 De l’étagement, de la juxtaposition des scènes que Brueghel campe à l’écran unique de sa feuille, Antoine Roegiers reprend chaque ligne, axe comme une portée de partition, et en débobine le thème, file le mouvement et la continuité.

Tel groupe de flagellants écument la campagne et les villages, tel menier donne au moulin le même sac à moudre, ou encore l’assaut est donné au grenier tirelire et l’on distribue à la foule l’or.

 

Yann Stenven

 

<diapo>i1.jpg;i2.jpg;i3.jpg;i4.jpg;i5.jpg<diapo>

<titre>Attaque du grenier du village, détail, Antoine Roegiers ;Hybride en ouverture du passage sur la paresse, détail, Antoine Roegiers ;Paon, symbole de l'orgueil. détail, Antoine Roegiers ;Spectateurs regardant la projection de l'oeuvre d'Antoine Roegiers ;Vue de l'exposition, cadres dessin à la plume des paysages des sept péchés capitaux<titre>