Lionel Estève - No Futur - pratiques artistiques, suites - Collège Desrousseaux - ARMENTIÈRES - avril 2015

Lionel Estève, pour l’exposition No Future au collège Desrousseaux d’Armentières, nous a prêté des dessins, et a proposé aux élèves de l’option pratiques artistiques de travailler et de montrer leurs travaux avec les siens.

Comme l’artiste qui a développé un travail de dessin sur vitre, les élèves vont tracer des points sur les fenêtres de la salle, et aussi présenter une série de livres modifiés.

Le choix du titre, de façon directe, fait le lien avec le futur déménagement du collège, bien sûr, mais aussi à l’aspect éphémère des travaux réalisés par les élèves : que deviendront ces livres, ces heures passées à tracer des points sur les vitres ? Quelles traces en resteront ?

Et de façon plus large, le travail est poursuivi pendant le cours de Français, avec une réflexion sur la destruction ou la disparition du livre, comme objet ou comme symbole.

On peut aussi être amené à penser à la permanence des savoirs : ces manuels scolaires, ces livres, parfois en bon état, qui sont devenus obsolètes, ces pages de mots et d’images voués à disparaître…

Les travaux des élèves sont régulièrement montrés par photo à Lionel Estève, nous échangeons par mail et par téléphone. Nous convenons que les élèves, qui ne sont pas des assistants d’artistes, ont modifié la proposition de départ : il va falloir transformer cette idée de bibliothèque, qui était là au départ. Les livres des élèves, pour certains, ne peuvent plus être refermés, sont devenus des sculptures : il faudra prendre cela en compte.

Quelques œuvres de Lionel Estève viendront en complément des travaux des élèves.

En écho avec le travail des élèves faits sur les vitres, nous montrerons quelques peintures faites par l’artiste de la même manière : des points sur des vitres, encadrées, des points qui se distribuent sur la surface transparente, flottant dans un espace entre deux, projetant une ombre sur le mur, dessinant des lignes, en couleur.

On retrouve dans ces travaux cette idée de partir d’un élément simple, d’une pratique minimale, et d’observer son moment de basculement vers l’art, par la répétition, par des modifications parfois minimes, dans un développement presque naturel, en germe dans le geste initial qui lui donne de l’ampleur en préservant sa simplicité.

Quelques citations de Lionel Estève

C’est difficile à formuler, ce que je voulais… le même rapport sensible, ou sensuel, que la bouche peut avoir en buvant du vin ou en goûtant quelque chose, créer ce rapport  à l’œil. Pas “c’est beau”, ou quelque  chose comme ça, que ça soit quelque chose de tactile visuellement à l’œil. D’une extrême sensualité visuelle, mais pas dans le sens esthétique, sensuel comme dans les cinq sens.

dans le film documentaire de Philippe Joppin

Mes propositions ont toujours cherché à entrer en résonance avec l’environnement

Pour moi, même si c’est bi-dimensionnel, il s’agit d’un travail dans  l’espace, parce qu’il y a une ombre, la peinture flotte. C’est une peinture de sculpteur.

Dans mon œuvre, même si tout est fait à la main, il n’y a aucune trace de main. Le peintre fait des gestes, chez moi il n’y a aucun geste. C’est un travail très détaché. Je n’ai jamais voulu parler de moi dans ce que je fais.

Est-ce qu’une image abstraite peut être sensuelle ?

Et puis je trouve ça beau de prendre un objet qui soit un peu industriel et d’en faire une œuvre qui ait quelque chose d’autre à raconter.

entretien avec Estelle Soppo.

Mes œuvres, je les perçois comme mentales. J’espère qu’elles vivent de la même manière dans la tête du public. Je n’attends pas qu’il comprenne, mais que ça lui aère l’esprit.

entretien avec Denis Gielen

 

Michael Lilin

<diapo>i1.jpg;i2.jpg;i3.jpg;i4.jpg;i5.jpg;i6.jpg<diapo>

<titre>Les élèves au travail sur les vitres;Les élèves au travail sur les vitres;Lionel Estève, Sans titre, détail, 2015;Lionel Estève, Sans titre 2015;Lionel Estève, Sans titre, 2015;No Future, vue de l'exposition<titre>