Pauline Delwaulle - Représenter le monde, les projets - Lycée Pierre Forest - MAUBEUGE - octobre 2015

 

Vendredi 16 octobre.

Les projets sont lancés et les élèves commencent à accumuler de la matière. Filmique, photographique, rédactionnelle.

Comme ces élèves de 1e qui ont choisi d’interroger la représentation du monde qu’ont leurs camarades, par le biais d’une interview face caméra. Quelle image ces adolescents ont-ils de Maubeuge ? Quelle perception ont-ils de ce monde dans lequel ils vont devoir s’intégrer ? Quel avenir projettent-ils dedans ? Dans ce dispositif complexe, où aucun fard ni artifice ne vient faire écran, on ne « coupe » pas pour rejouer la scène. On écoute, on reformule, on fait préciser, on relance, on cherche à saisir le propos, à l’éclaircir, pour amener les élèves à exprimer leurs désirs, leurs attentes, leurs peurs, leurs projections. Et au détour d’une question, l’intime peut surgir. Parfois jusqu’au malaise. Jusqu’à cette étrange sensation d’avoir entendu une confidence par effraction. Mais ces moments fragiles attestent de la réussite de cet exercice pour le moins périlleux, qui voit émerger une vérité entre les interstices de l’apparence.

Un autre groupe s’interroge sur la manière dont les jeux vidéo, fenêtre ouverte sur un monde alternatif qui échappe aux règles communes, peut conditionner la représentation de la réalité, aliéner cette réalité. Mais comment filmer quelque chose d’aussi impalpable que l’addiction ? A partir de trois plans -des mains sur une console, les aiguilles d’une horloge et un extrait de jeu vidéo-, l’évolution de la perception, de la distorsion à la perte complète de repères spatio-temporels, sera marquée par un jeu sur la répétition, un travail sur le rythme de l’image et sur les sons, par la mise en place progressive d’un décalage entre ces derniers. L’objectif : faire ressentir au spectateur cette impression de vertige, que vient redoubler la mise en abyme opérée par les écrans, premiers « cercles » de cette spirale virtuelle dans laquelle le joueur se trouve aspiré, jusqu’à perdre la conscience d’un corps ancré dans une réalité physique avec laquelle il n’est plus en phase.

Simon Rongère

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<titre>Après les répétitions, tournage du projet sur les passions;Des élèves filment une scène de jeu vidéo pour proposer une réfléxion sur l'addiction;Séance de dérushage pour les groupes les plus avancés;Un entretien sans fard ni artifice, face caméra, pour interroger la représentation du monde des adolescents<titre>