Raphaël Zarka - Teen spirit - Collège Maxence Van-Der-Meersch - MOUVAUX - décembre 2016

 

«Deux cents ans de technologie américaine ont créé, sans qu’on y prenne garde, un immense terrain de jeu en ciment au potentiel illimité. Mais il aura fallu les yeux d’enfants de onze ans pour saisir ce potentiel.» 

 

Craig Stecyk, «Aspects of the downhill slide» Skateboarder Magazine, N°2, 1975

 

L’exposition Teen Spirit a permis de présenter la démarche de Raphaël Zarka. L’artiste, tel un archéologue, recherche des formes qui se connectent autant dans le domaine de l’art que celui des sciences ou des cultures populaires. 

On se souvient de la scène de Retour vers le Futur, le héros «emprunte» une trottinette afin d’échapper à ses poursuivants, en retire le manche et invente le skateboard (ou l’hoverboard dans le 2ème opus), il se faufile entre les voitures et les passants, utilise la propulsion des voitures, improvise un tremplin, il saisit le potentiel de la ville. 

A l’origine, la « planche à roulette » dérive effectivement de la trottinette, et sa pratique naît d’une volonté de quelques surfeurs californiens de continuer vers les terres, l’univers asphalté et bétonné des villes de la côte ouest de Etats Unis s’offrant comme une immense vague pétrifiée.

«Topographie anecdotée du skateboard», 2008, prêt du FRAC Franche Comté est un film de montage sur les espaces du skate- board réalisé à partir d’extraits de documentaires et de vidéos. 

 

«Tautochrone», 2007, marbre et contreplaqué bakélysé, est ce que l’artiste nomme une réplique, la forme évoque l’appareil de mécanique galiléenne destiné à l’étude de l’isochronisme des pendules, tout en rappelant les half pipe des skateparks, et certaines sculptures minimales des avant-gardes du XXème siècle. Pour Zarka, le choix des matériaux dépend autant de la structure que de la fonction, de son expérience de skateur et du souvenir du bruit des dalles sous les roues.



Sébastien Bruggeman

 

 

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